From briand@ias.fr Fri Apr 14 17:47:23 1995 Received: from nef.ens.fr by dmi.ens.fr (5.65c8/ULM-1.0) Id AA05570 ; Fri, 14 Apr 1995 17:47:23 +0200 Received-Date: Fri, 14 Apr 1995 17:47:23 +0200 Received: from deneb.ias.fr by nef.ens.fr (5.65c8/ULM-1.0) Id AA17850 ; Fri, 14 Apr 1995 17:47:21 +0200 Message-Id: <199504141547.AA17850@nef.ens.fr> Received: by deneb.ias.fr (1.37.109.4/16.2) id AA22869; Fri, 14 Apr 95 17:41:56 +0200 Date: Fri, 14 Apr 95 17:41:56 +0200 From: 0 To: Jean-Marc.Laferte@irisa.fr, abada@fys.ruu.nl, angonin@obspm.fr, b.maffei@qmw.ac.uk, bartlett@cdsxb6.u-strasbg.fr, bferron@ifremer.fr, braine@iram.fr, bujosa@cppm.in2p3.fr, chaty@ura1507.univ-paris13.fr, chaud@labs.polycnrs-gre.fr, daney@scilla.u-strasbg.fr, delemar@icp.grenet.fr, dir@limsi.fr, fabrice.mottez@cetp.ipsl.fr, garric@laas.fr, gueth@iram.fr, hasler@cptsu4.univ-mrs.fr, lambre@matups.math.u-psud.fr, maoli@mesioa.obspm.fr, mathias@obs-nice.fr, montaz.zizi@lri.fr, moreau@iap.fr, pauchard@peterpan, phil@lim.univ-mrs.fr, rauzy@cptsu5.univ-mrs.fr, rego@sunshine.sprl.umich.edu, sauty@obspm.fr, stefane.fermigier@nef, touzo@admin.cnrs-orleans.fr, voisin@ciss1.ens-cachan.fr Status: OR Nous diffuserons les reponses des candidats au fur et a mesure de leur reception. Voici la premiere lettre que nous avons recu : *** REPONSE DE ROBERT HUE AU QUESTIONNAIRE JOIGNANT LA LETTRE OUVERTE **** Sur l'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR. Financement. *1*. Part des entreprises dans le financement de l'Enseignement Superieur. Les entreprises doivent soutenir la formation superieure par le canal de la taxe d'apprentissage, de dons, de cession de materiel, mais aussi parti- -ciper a la formation avec leurs competences (accueil de stages, participation a la formation professionnelle, participation a des formations specialisees, participation aux conseils des etudes de certaines filieres...). Ceci etant, la maitrise des contenus, des programmes et de l'utilisation des fonds releve du seul service public de formation. Alors que des financements considerables, destines a la formation continue, sont actuellement utilises sans controle democratique, gaspilles ou detournes, le role des universites dans la formation continue devrait etre largement accru : un gage d'efficacite, de transparence et une source supple- -mentaire substantielle de financement pour les universites. *2*. Universites privees. Je suis oppose aux universites privees financees sur les fonds publics. Le PCF a pris des initiatives concretes d'action dans ce domaine, par exemple au sein du Conseil Regional d'Ile de France ou il a obtenu que l'assemble se prononce pour une integration de la "Fac Pasqua" comme nouvelle universite publique de la region parisienne. Nous sommes par ailleurs favorables a ce que les universites nouvelles deviennent tres rapidement des universites de plein exercice. *3*. Departs en retraite. La pyramide des ages du personnel des universites (enseignants et IATOS) est actuellement tres desequilibree. Il faut budgetiser par anticipation les postes necessaires au renouvellement des departs en retraite dans les annees a venir. A la gestion a court terme, il faut substituer une gestion prevision- -nelle, sur le long terme, de ces emplois. C'est une des raisons qui ont con- -duit les deputes communistes a demander une loi de programmation pluriannuelle pour l'enseignement superieur et la recherche. Taux d'encadrement. *1*. Stabilisation du nombre d'etudiants. La France a su se doter d'un enseignement primaire et, plus recemment, secondaire, qui soutient la comparaison avec les autres pays dits developpes. Par contre, il reste a faire un effort qualitativement nouveau pour l'ensei- -gnement superieur, dont le retard se manifeste notamment par un tres mediocre financement par etudiant. La volonte d'un grand nombre d'etudiants d'acceder a l'enseignement superieur est positive. Il faut degager les moyens pour satis- -faire cette aspiration, et non utiliser un numerus clausus pour la contingenter Il faut ameliorer de maniere tres substantielle l'efficacite des universites : ceci passe par des procedures de suive et d'orientation, un travail plus per- -sonnalise et en groupe plus petits, necessitant donc un meilleur taux d'enca- -drement. *2*. Volume d'enseignement statutaire. Un enseignant du superieur doit etre en situation de faire un veritable travail de recherche. Ceci impose une limitation des horaires d'enseignement a 150 heures d'equivalent-TD (travaux diriges) par an. *3*. Charge d'enseignement des chercheurs. Nous sommes oppose a l'obligation des charges d'enseignement pour les chercheurs des organismes publics, qui ne serait qu'un palliatif au nombre insuffisant des enseignats-chercheurs. La contribution volontaire des chercheurs a la formation est, par contre, tres positive (et d'ailleurs inscrite dans les statuts des chercheurs CNRS par exemple), en priorite en 3eme cycle mais aussi en 1er et second cycle. Des dispositions doivent etre prisent pour favoriser la mobilite entre les deux corps, pour que la participation a la formation soit mieux prise en compte dans l'evaluation. *4*. Heures complementaires. Le nombre demesure des heures complementaires vient du fait qu'il semble moins couteux (a court terme) de retribuer des heures complementaires au lieu de creer des emplois correspondants. Nous sommes pour la transformation de la grande partie des heures complementaires en postes. Les heures complementaires a conserver correspondent a certains besoins specifiques, a des intervenants exterieurs. *5*. PRAG et PRCE. Les enseignants du superieur devraient tous avoir la qualification necessaire pour exercer une veritable activite de formation et de recherche. Nous sommes opposes, de maniere generale, a l'accroissement du nombre de PRAG et PRCE. Les colleges deja dans cette situation devraient pouvoir acquerir la qualification appropriee (avec les amenagement ad hoc) pour devenir des enseignants-chercheurs. *6*. Creation de postes. Nous avons deja souligne la necessite de meilleurs taux d'encadrement pour accueillir et mener au succes plus d'etudiants. Les creations necessaires se chiffrent a plusieurs milliers d'emplois par an (5000). Sur La RECHERCHE. *1*. Effort financier. Il faut passer a un BCRD de 3% du PIB, avec en parallele une reduction tres substantielle de la recherche militaire (actuellement 0,46 % du PIB, contre par exemple 0,1% en Allemagne). *2*. Controle par les elus politiques. La recherche et une activite d'importance majeure, qui concerne toute la societe. Il faut a la fois respecter l'autonomie des chercheurs, et en meme temps creer les conditions pour que la recherche soir mieux irriguee et stimulee par les besoins sociaux. Loin du dirigisme et d'une programmation omnipresente, il faut plus d'echanges, plus d'informations, en bref plus de democratie. La situation est evidemment variable selon les domaines concernes. Dans certains domaines -par exemple les grands programmes (spatial, telecom- -munications, transports)- la coordination et le role de l'Etat et des poli- -tiques sont plus forts que dans d'autres. Ceci etant, de maniere generale, le developpement de la recherche, sa creativite, ne passent certainement pas par un controle accru de ses orientations et un renforcement de la planification. *3*. Contractualisation. La contractualisation a ete globalement un marche de dupe : renforce- -ment des autoritarismes et flou -et souvent non respect- des engagements de l'Etat. Les orientations nefastes que nous connaissons ont ete misent en place de longue date. Le statut des personnel doit etre un statut de personnel per- -manent, et non dependre d'un contrat. Le budget global d'un organisme doit avoir une ressource globale garantie. Le budget de fonctionnement des labora- -toires de l'organisme doit combiner une part majoritaire de credits recurrents et des credits sur programme et projets, a caractere incitatif. L'evaluation doit etre faite a posteriori, avec rigueur et transparence. Cette remarque vaut pour les credits europeens, de volume important mais a la repartition et a l'evaluation particulierement opaques. *4*. Renouvellement des postes. Une partie des postes necessaires au renouvellement des departs en retraite doit etre budgetisee par anticipation pour ameliorer la pyramide des ages. Ceci vaut pour toutes les categories de personnel. Il faut annuler la loi Sarkosy sur le non-renouvellement de 1 poste d'ITA sur 2 departs en retraite, et rattraper le retard cumule sur une decennie en postes d'ITA. *5*. Creations de postes. il faut une creation nette de 3% de postes. De plus, une part de la recherche qui devrait etre faite par le secteur prive est prise en charge (directe ou indirecte) par les organismes publics ; la reconversion d'une partie de ces activites permettrait le retour a la recherche d'une part appreciable d'un potentiel detourne de ses finalites.